Macron et Hulot: sur la même longueur d’onde ?

Photographies d'Emmanuel Macron, président français et Nicolas Hulot, ministre français de l'écologie

En cette nouvelle ère de transition énergétique mondiale, Emmanuel Macron, nouveau chef d’état français, et son ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, vont avoir du pain sur la planche. Le sommet du dernier G7 à Taormina (Sicile), qui a réuni les 7 puissances économiques mondiales, n’a fait que confirmer l’importance d’un accord international sur le climat. Mais qu’en est-il de la cohésion entre Emmanuel Macron et Nicolas Hulot ? Quels pourraient être leurs sujets de friction ? Sont-ils en harmonie sur le dossier environnement  ?

Deux politiques aux idées (presque) conformes

Emmanuel Macron a affiché dès son entrée en fonction le 14 mai 2017 sa ferme opposition à l’exploitation de gaz de schiste et aux gisements pétroliers en mer. Le président français oeuvre également pour la fermeture des centrales à charbon en France. Emmanuel Macron prévoit de diminuer de 50% la part d’énergie nucléaire dans la production d’électricité nationale pour 2025. La volonté du nouveau chef d’état français rejoint étroitement celle de Nicolas Hulot pour qui “la sortie du nucléaire” est un combat auquel la France doit participer. Défenseur de la transition énergétique mondiale, Nicolas Hulot veut construire “un nouveau modèle de société” durable et solidaire. L’entretien des eaux, de la qualité de l’air, le traitement des déchets et la lutte contre le gaspillage alimentaire constituent également les points clés de son programme. Le ministre de la transition écologique veut une France affranchie des ressources d’énergies fossiles et des centrales nucléaires qu’il ambitionne de fermer définitivement. La France, qui produit actuellement 50% de la production globale d’énergie nucléaire en Europe, semble ainsi en voie de “dénucléarisation”.

Non loin des propos qu’il a tenu en 2016 par rapport aux énergies nucléaires qu’il considérait comme “un choix d’avenir”, Emmanuel macron ne renie pas la possibilité d’une coexistence nucléaire-renouvelable. Le président français n’a pas totalement changé son fusil d’épaule mais consent à une modification des habitudes de productions énergétiques en France. Ce que peut déplorer Nicolas Hulot désireux, lui, d’une révision complète et profonde des systèmes de productions industrielles nationaux. Les deux politiques se rejoignent  sur la nécessité d’une transition énergétique nationale et mondiale, mais pas sur ses limites et sur la place du nucléaire.

Le dossier Notre-Dame-Des-Landes toujours sujet à débat

Certains dossiers lourds de controverses traversent les mandats présidentiels. Après François Hollande, c’est au tour d’Emmanuel Macron de traiter le dossier délicat de Notre-Dame-Des-Landes. Souvenez-vous : au début des années 2000, un projet de construction d’aéroport vieux de 40 ans a refait surface dans la commune de Notre-Dame-Des-Landes. Censé être un levier économique pour la région, le projet a reçu maintes oppositions d’habitants, agriculteurs et élus locaux. Les Landais craignaient la pollution, les nuisances sonores, la dégradation des terrains agricoles et le coût économique que représente cet aéroport. Adoptions et ajournements du projet se sont succédés pour conduire à une mise en “stand-by”. Aujourd’hui, les Landais exigent une décision du nouveau Président français. A cela, Emmanuel Macron a affirmé dans “L’émission politique” sur France 2 le 6 avril que : “l’aéroport se fera”. Ce dernier entend respecter le référendum réalisé auprès des électeurs de Loire-Atlantique. Ce qui n’est pas le cas de Nicolas Hulot.

Le premier ministre de la transition énergétique s’était engagé peu après sa nomination, à nommer un “médiateur” chargé d’étudier le dossier Notre-Dame-Des-Landes. Nicolas Hulot veut “remettre les choses à plat” selon ses termes et étudier chaque alternative à la construction de l’aéroport. Toutefois et en tout état de cause, le dossier Notre-Dame-Des-Landes, bien que complexe, ne présente en réalité que deux options possibles : la construction ou l’abandon du projet. Un dilemme qui ne peut donc qu’opposer nos deux politiques dont les positions diffèrent.    

Deux hommes, deux visions de l’écologie

Bien qu’Emmanuel Macron ait élu Nicolas Hulot comme ministre de la transition énergétique, celui-ci n’est pas sans savoir leurs disparités sur l’environnement. En effet, Nicolas Hulot relevait après les résultats des élections présidentielles, un manque de finition du programme écologique d’Emmanuel Macron.  Le nouveau président français ne prendrait pas assez en considération l’urgence de la transition énergétique actuelle. De plus, au delà des préoccupations essentiellement humaines de Nicolas Hulot, l’ancien ministre de l’économie se positionne pour une politique écologique pensée dans une sphère économique libérale. En d’autres termes: un peu d’écologie, mais pas trop non plus. L’écologie qu’Emmanuel Macron entend implanter en France n’apparaît pas plénière aux yeux de Nicolas Hulot. Les deux hommes politiques ont ainsi deux conceptions de l’environnement légèrement différentes, ce qui n’empêche en rien une sincère collaboration des deux dirigeants pour mener la France à une transition énergétique fructueuse.

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