Ouest-France

Logo Ouest-France

Date de parution : 05/07/21

Angers. L’Agence de la transition écologique montre l’exemple en posant des panneaux photovoltaïques

L’Agence de la transition écologique a installé des panneaux photovoltaïques sur ses toits, première étape d’un projet de rénovation et de passage aux énergies renouvelables.

À Angers, une surface de 350 m² de toiture vient d’être recouverte de 192 panneaux photovoltaïques, orientés plein sud et inclinés pour profiter du nettoyage naturel par la pluie, sur un bâtiment BBC-HQE de 2009 (basse consommation – haute qualité environnementale). Il se situe à l’Agence pour la transition écologique (l’Ademe), dont le siège est à Angers depuis 2002, sur les hauteurs du lac de Maine. L’agence, qui fêtera ses 30 ans au printemps 2022, continue à montrer l’exemple en matière de lutte contre le réchauffement climatique et d’économies d’énergie.

« On démontre que c’est possible. On fait ce que l’on promeut » Arnaud Leroy, président-directeur général de l’Ademe.

Ce que l’on fait, tout le monde devrait le faire, sur les bâtiments publics, les bâtiments tertiaires, les hypermarchés. On démontre que c’est possible. On fait ce que l’on promeut. Economiquement, ça se tient, déclare le président-directeur général de l’Ademe, Arnaud Leroy, en posant, lundi 5 juillet 2021, le dernier panneau.

« L’énergie ainsi produite va être directement consommée sur le site, soit environ 70 000 kWh par an », indique Étienne Leduc, responsable régional de l’entreprise Réservoir Sun, filiale du groupe Engie. Cela suffira à peine à couvrir les besoins en électricité et en chauffage du siège de l’Ademe, mais l’établissement fonctionnera presque en autoconsommation, pour éclairer et chauffer ses 3 800 m² de bureaux. « On va ainsi remplacer les chaudières à gaz, diviser par deux les consommations d’énergie et diminuer les émissions de CO2 de plus de 60 % », ajoute Arnaud Leroy.

L’investissement représente 90 000 € qui devraient être rentabilisés en dix ans. Le matériel est prévu pour durer 20 à 30 ans, avant d’être changé par des panneaux plus performants. L’Ademe avait déjà installé à Angers des panneaux solaires sur des murs loués à des voisins, pour une puissance de 24,3 kWc (kilowatts crête) en 2009. La nouvelle installation inaugurée lundi est de 65 kWc.

Première étape d’un projet de rénovation

Ces panneaux photovoltaïques sont une première étape d’un projet de rénovation du site et de passage aux énergies renouvelables. « Nous allons alimenter une pompe à chaleur couplée à de la géothermie, avec douze sondes. On va aller chercher de la chaleur dans la terre, mais à seulement 100 m de profondeur », rassure Noam Leandri, secrétaire général de l’Ademe (n° 3 de l’Agence). Des forages à 5 000 m de profondeur ont créé des séismes en Alsace en décembre 2020. Ces travaux seront menés au printemps 2022 pour un montant de 400 000 €. La Suisse est en avance dans ce domaine. « À Genève, il est prévu d’ici 2040 que la chaleur soit d’origine géothermique dans 75 % des projets », assure Arnaud Leroy.

L’Ademe compte 31 sites en France et emploie 1 100 salariés, avec 240 intérimaires et 860 équivalents temps plein, dont 380 à Angers. Le site de la technopole Sophia-Antipolis est déjà équipé de panneaux solaires. Baigné par le soleil de la Côte d’Azur, ce dispositif produit plus que les besoins du site.

Les festivités du trentième anniversaire, entre le 26 mars et le 1er avril 2022 à Angers, proposeront notamment des portes ouvertes avec une démonstration de forage d’un puits de géothermie. L’Ademe va poursuivre des travaux d’extension et d’amélioration de ses locaux. « On refait les cloisons à l’intérieur. On recycle les matériaux, y compris la laine de verre, les parois en métal, les plaques de plâtre… », liste Noam Leandri.

Si l’Ademe s’est rebaptisée Agence de la transition écologique, c’est bien parce qu’elle ne se limite plus à la seule maîtrise de l’énergie. « La transition écologique est aujourd’hui un besoin vital. Il faut faire évoluer nos mobilités, notre alimentation, la façon de se chauffer… », continue Arnaud Leroy. « Sur les cinq hectares du site angevin, on pratique aussi l’éco-pâturage avec des moutons. On trouve des ruches dans la forêt. Et même un refuge de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO). Tout est lié ».

On peut équiper son propre toit

La pose de panneaux photovoltaïques n’est pas réservée aux entreprises ou aux collectivités. Les particuliers peuvent également équiper la toiture de leur pavillon. Cela revient entre 7 000 et 8 000 € d’investissement, pour lesquels on reçoit 1 000 € d’aides. L’opération est rentabilisée en 10 à 15 ans. Il faut 12 ans en moyenne, indique Marc Viot, chef du centre d’Angers de l’Ademe et directeur de l’environnement de travail et des systèmes d’information. Son adjoint, Stéphane Granseigne, a fait la même expérience à son propre domicile. « En journée, avec le soleil, on produit plus que ce que l’on consomme. Avec le compteur Linky, on peut voir facilement ce que l’on produit et ce que l’on consomme ». Les deux directeurs précisent qu’il faut s’adresser à un professionnel labellisé RGE (reconnu garant de l’environnement), présentant la qualification RGE QualiPV, qualification propre à l’installation de systèmes solaires photovoltaïques.

C’est quoi l’Ademe ?

L’Ademe désignait l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie. Depuis juin 2020, on doit dire l’Agence de la transition écologique. Etablissement public sous la tutelle du ministère de la Transition écologique et du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, l’Ademe est engagée dans la lutte contre le réchauffement climatique et la dégradation des ressources. L’Agence mobilise les citoyens, les acteurs économiques et les collectivités, en leur donnant les moyens de progresser vers une société économe en ressources, plus sobre en carbone, plus juste et harmonieuse. L’Ademe aide au financement de projets et apporte du conseil dans les domaines de l’énergie, de l’économie circulaire, l’alimentation, la mobilité, la qualité de l’air, l’adaptation au changement climatique, les sols…

Cliquez ici pour voir la suite de l’article sur le site de Ouest-France.