La propagation rapide du Covid-19 a obligé l’Etat français à prendre des mesures strictes. C’est ainsi que le 17 mars, le président de la République Emmanuel Macron a décidé le confinement national pour tous les Français. Une obligation à rester dans son logement qui n’est pas vécue de la même manière par tout le monde. En France, il existe 7 millions de logements en déficit énergétique appelés “passoires énergétiques”. La précarité énergétique rend ainsi compliquée la gestion du confinement pour de nombreuses familles.

Les effets du confinement

Confinement oblige, les Français sont invités à rester chez eux. Certains doivent télétravailler ou étudier quand d’autres doivent trouver de quoi s’occuper. D’après une enquête Odoxa-CGI, 57% des Français confinés regardent la télévision, 44% surfent sur internet et 29% cuisinent. La présence inhabituelle des membres d’un même foyer au sein du logement entraîne fatalement une majoration de la consommation énergétique. Ce constat prévaut également pour ceux en activité, aussi bien totale que partielle. Ils doivent inexorablement passer leur temps libre confiné. Une étude menée par Selectra estime la hausse entre 18 et 97 € sur les factures d’électricité et de gaz. Ces augmentations sont difficiles à vivre pour les ménages occupant des logements précaires. Définie par la loi Grenelle II de juillet 2010, la précarité énergétique désigne la difficulté pour un ménage de disposer de la fourniture d’énergie nécessaire à ses besoins élémentaires. Selon l’Observatoire de la précarité énergétique (ONPE), en 2018, 11,7% des Français ont dépensé + de 8% de leurs revenus pour payer leur facture énergétique du logement. Le confinement est donc vécu comme une double peine pour ces foyers déjà en difficulté. L’arrivée des beaux jours leur permettra de réaliser des économies sur leur facture énergétique notamment sur le chauffage.

Précarité énergétique : des solutions existent

Le Ministère de la Transition écologique et solidaire a fait de la précarité énergétique son combat. En effet, dans son programme de transition énergétique, le gouvernement propose plusieurs aides financières dans le but de réduire le nombre de passoires énergétiques. Au regard de cette crise sans précédent, le gouvernement a renforcé ces dispositions. Initialement prévue jusqu’au 31 décembre 2020, la prime “coup de pouce” est prorogée jusqu’à fin 2021. Reposant sur les CEE (Certificats d’économie d’énergie), cette prime permet de disposer d’aides pour les travaux d’isolation et pour les changements de chaudière. Toutefois l’allongement de la durée entraîne une diminution de l’aide financière sur certains travaux d’isolation. Pour aider à payer les dépenses énergétiques des ménages dans le besoin, l’Etat distribue un chèque énergie. Chaque année, le chèque énergie est distribué à 5,5 millions de ménages d’une valeur moyenne de 150 €. Face au service réduit de la Poste, les délais seront un peu plus longs qu’à l’accoutumée. Autre mesure annoncée par Emmanuel Macron, la durée de la trêve hivernale. Celle-ci est prolongée de deux mois soit jusqu’au 31 mai. Elle protège contre l’expulsion et les coupures d’énergie.

Le confinement accentue les inégalités notamment en terme de logement. Malgré les mesures mises en place, trop de personnes en situation de précarité énergétique se sentent abandonnées. Le confinement permettra-t-il d’accélérer la lutte contre la précarité énergétique?